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Lire, écrire et progresser

 

Un éditeur reçoit des centaines, voire des milliers de manuscrits par an. Quelle que soit la taille de son équipe, il lui est impossible d'examiner chacun de ces manuscrits sereinement avec attention.

Pourtant, lorsque l'on connaît la somme de travail et d'abnégation que concèdent les auteurs à leur passion, cette réalité résonne cruellement : « Ce que j'ai écrit est-il intéressant pour un autre que moi ? Ai-je été clair dans mon propos ? Mon orthographe est-elle correcte ? Ai-je un style d'écriture appréciable ? Qui me donnera des pistes pour améliorer réellement mon travail ? » Ces questions et mille autres hantent tous les auteurs.    

Les réponses relatives à une politique éditoriale ou au nombre excessif de manuscrits reçus par un éditeur sont parfaitement compréhensibles, toutefois elles ne permettent jamais à un auteur de progresser. Lorsque l'on envoie un manuscrit dans l'espoir d'une publication, c'est parce que l'on pense être prêt à s'exposer à la critique, au dialogue, au débat, et ce au terme d'un long processus plus ou moins douloureux. Les réponses stéréotypées et laconiques ne constituent pas des critiques constructives, elles demeurent vides de sens pour celui ou celle qui, en écrivant, souhaite avant tout communiquer, partager et transmettre.

Le sens de ma démarche n'est pas de séparer le bon grain de l'ivraie : vision manichéenne, réductrice et prétentieuse. La littérature est affaire d'émotions, exprimées de manière à faire sens dans le fond comme dans la forme. Chacun doit pouvoir progresser de façon constructive. 

Pour vous permettre d'évaluer mon ressenti en matière littéraire, je vous encourage à lire sur cette page ainsi que dans l'onglet consacré aux libraires certains de mes textes concernant des ouvrages contemporains édités, et dans l'onglet Romans mes propres écrits romanesques autoédités.

 

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SiloHugh HOWEY

Plongée vertigineuse dans un roman d’anticipation audacieux et addictif.

Personnages exaltants, atmosphère façonnée d’acier et de sentiments, vestiges d’humanité dans les entrailles de la terre : ce silo-là engloutit le lecteur qui ne demande plus qu’à y sombrer plus encore. La tension permanente de ce récit servi par une écriture très fluide entraîne à coup sûr les plus rétifs au genre post apocalyptique, même claustrophobes. 

 

Comment s’en mettre plein les poches en Asie mutanteMohsin HAMID

Mohsin Hamid livre un récit touchant et facétieux, un regard tout aussi satirique que poétique sur la société pakistanaise dans cette période cruciale qui a vu émerger les radicalismes. Il nous parle pourtant d’une existence laborieuse dans une société que l’on sent très violente, effervescente, à la fois anarchique et ultra codifiée. Le lecteur est invité à cheminer de l’enfant miséreux au vieil homme presque sage, selon douze préceptes relativement efficaces d’un développement très personnel. L’auteur nous interpelle sans détour et cela fonctionne bien, sa plume cocasse et sa pensée bondissante nous entraînent irrésistiblement du chaos vers l’essentiel.  

 

Trois mille chevaux vapeur - Antonin VARENNE

Sur les traces d’un tueur en série dont il connaît la signature, dans l’Amérique sauvage de la ruée vers l’or, Arthur Bowman est l’anti-héros parfait. Entre quête initiatique, cauchemars enfiévrés et paysages grandioses, ce roman est une évasion permanente. La compagnie des Indes, Londres putride et miséreuse, l’Amérique des pionniers et des Indiens : il s’agit d’un polar servi avec talent par de véritables personnages de roman. 

 

Les Enfants du jacaranda - Sahar DELIJANI 

Immersion en Iran de 1983 à 2011, aux côtés de trois générations de révolutionnaires emprisonnés, torturés, traumatisés dans un combat à mort pour la liberté de leur pays opprimé. L’histoire des femmes qui accouchent en prison, de leurs enfants élevés sous le vieil arbre rassurant des grands-parents, de leurs hommes qui parfois ne reviennent jamais. Trente ans de lutte d’un pays aux odeurs envoûtantes ; terre de miel, de fleurs, de voiles, si douloureusement ancrée dans le cœur des exilés. Derrière l’horreur, la peur, la violence, la douleur et le deuil endurés par l’Iran, on sent dans ce roman né d’une très jolie plume un amour infini pour ce berceau millénaire des rêveries et des sciences orientales. Un amour absolu au nom duquel un peuple digne et courageux continue de se battre en dépit du douloureux tribut qui l’accable au fil des générations.    

  

Traîne-savane - Guillaume JAN

A travers une belle flânerie dans la brousse congolaise se dessine le portrait d’un pays meurtri par son histoire, celle d’un peuple convoité par les missionnaires, humilié par les esclavagistes, pillé par les colonialistes, dépouillé par des despotes corrompus. C’est un pays exsangue où l’on manque de tout, où les ravages des hommes et les changements climatiques se manifestent jusqu’au cœur de la brousse. Terre de soleil et de boue, où flore et faune autrefois généreuses se raréfient en silence. Royaume de la débrouille, ou l’on vend de l’eau en petits sachets et du sucre par cuillerées, territoire aux mille parfums et aux couleurs exubérantes que l’on arpente à pied – en tongs. Les prénoms chantent, les odeurs chatouillent les narines, la chaleur écrase. C’est l’âme africaine qui ensorcèle l’auteur et nous transporte, avec humour et poésie, sur les traces des derniers pygmées. Ce même esprit qui guida les pas de David LIVINGSTONE à travers ses chimères, dévoilées au fil du périple ; une philosophie du fatalisme et de la joie, de l’élégance, une dignité aux airs de nonchalance